Anticiper le vieillissement

Comment prévenir le photovieillissement dès 30 ans

Le soleil est responsable de la plus grande partie du vieillissement visible du visage. Voici comment il agit sur la peau, pourquoi s'y prendre dès 30 ans et quelles habitudes font vraiment la différence.

Jeune femme au coucher du soleil, la lumière sur le visage

Le photovieillissement est le vieillissement de la peau provoqué par le soleil, et non par les années. Il se prévient surtout par une protection quotidienne : une crème solaire à large spectre appliquée chaque matin sur le visage, le cou et les mains, toute l'année, ralentit l'apparition des taches, des rides et du relâchement.

Qu'est-ce que le photovieillissement ?

La peau vieillit de deux façons qui s'additionnent. Le vieillissement intrinsèque est programmé : avec le temps, la peau produit moins de collagène et se renouvelle plus lentement. Le vieillissement extrinsèque vient de l'extérieur : soleil, tabac, pollution, manque de sommeil. Les chercheurs regroupent ces facteurs sous le nom d'« exposome ».

Parmi eux, le soleil pèse de loin le plus lourd. Une étude menée sur près de 300 femmes a estimé que les UV étaient responsables de jusqu'à 80 % des signes visibles du vieillissement du visage. C'est ce qu'on appelle le photovieillissement.

Il se voit à la différence entre des zones exposées et protégées d'une même personne : la peau du visage et du dos des mains change bien plus vite que celle de l'intérieur du bras, qui a pourtant le même âge.

Comment le soleil fait-il vieillir la peau ?

La lumière du soleil contient plusieurs types de rayonnements, qui n'agissent pas au même niveau :

  • Les UVB restent dans l'épiderme, la couche superficielle. Ils provoquent les coups de soleil et favorisent les taches.
  • Les UVA descendent plus profondément, jusque dans le derme. Ils abîment le collagène et les fibres élastiques qui donnent à la peau sa fermeté. Ils représentent environ 95 % des UV qui arrivent au sol, traversent les nuages et une partie des vitres.
  • La lumière visible et les infrarouges jouent aussi un rôle, surtout dans l'apparition des taches sur les peaux mates et foncées.
ÉPIDERME DERME HYPODERME UVB UVA Lumière visible et infrarouges Dans l'épiderme Coups de soleil, taches Dans le derme Collagène et fibres élastiques abîmés : rides, relâchement 95 % des UV au sol sont des UVA. Ils traversent nuages et vitres.
Les UVB s'arrêtent dans l'épiderme, les UVA atteignent le derme, où ils abîment le collagène et les fibres élastiques. Schéma simplifié.

Ces rayonnements génèrent dans la peau des molécules instables, les radicaux libres, qui accélèrent la dégradation du collagène. Le problème est cumulatif : chaque exposition laisse une petite trace, et ces traces s'additionnent pendant des années avant de devenir visibles.

Quels sont les signes du photovieillissement ?

Les premiers signes apparaissent souvent entre 30 et 40 ans, parfois plus tôt chez les personnes très exposées :

  • des taches pigmentaires sur les pommettes, le front, le décolleté et le dos des mains ;
  • un teint moins uniforme, avec des zones plus ternes ou plus colorées ;
  • des ridules plus marquées, surtout autour des yeux ;
  • une perte de fermeté : la peau devient plus fine et marque davantage ;
  • un grain de peau plus irrégulier et des pores plus visibles.

Ces signes ne sont pas une fatalité liée à l'âge. Ils dépendent en grande partie de l'exposition cumulée, et c'est pour cela qu'ils se préviennent.

Pourquoi commencer dès 30 ans ?

Parce que la prévention fonctionne mieux que tout ce qui vient après. Une étude australienne a suivi pendant quatre ans et demi plus de 900 adultes. Le groupe qui appliquait une crème solaire chaque jour ne montrait pas de progression détectable du vieillissement cutané, alors que celui qui l'utilisait à sa guise vieillissait visiblement. Les participants avaient entre 25 et 55 ans : il n'est donc jamais trop tôt, ni trop tard, pour s'y mettre.

À 30 ans, les effets des expositions de l'enfance et de la vingtaine commencent à se voir, mais la peau garde une bonne capacité de réparation. C'est le moment où une habitude simple a le plus d'effet sur les décennies suivantes.

Les habitudes qui font vraiment la différence

Une protection solaire chaque matin, toute l'année

C'est l'habitude qui compte le plus, et de loin. Choisissez une protection à large spectre, qui couvre les UVB et les UVA (la mention UVA entourée d'un cercle l'indique en Europe), avec un indice d'au moins 30. Appliquez-la chaque matin sur le visage, le cou, le décolleté et le dos des mains, même quand le ciel est couvert.

La quantité compte autant que l'indice. La plupart des gens en mettent deux à quatre fois moins que ce qui est testé en laboratoire. Un repère simple pour le visage et le cou : l'équivalent de deux longueurs de doigt.

Renouveler quand on reste dehors

Une seule application le matin suffit pour une journée au bureau. Dehors, la protection s'use : renouvelez-la toutes les deux heures environ, et après la baignade ou une forte transpiration.

Suivre l'indice UV

L'Organisation mondiale de la santé recommande de se protéger dès que l'indice UV atteint 3. En France, il dépasse ce seuil une bonne partie de l'année, y compris au printemps et à l'automne. Il est indiqué dans la plupart des applications météo. Au-delà de 6, recherchez l'ombre entre 12 h et 16 h.

INDICE UV 12 345 67 8910 11+ Faible Modéré Élevé Très élevé Extrême Dès 3 : se protéger Crème solaire, lunettes, chapeau Dès 6 : chercher l'ombre Surtout entre 12 h et 16 h, et renouveler la protection
L'échelle de l'indice UV de l'Organisation mondiale de la santé, et les seuils à retenir.

Les protections physiques

Un chapeau à bords larges, des lunettes de soleil et des vêtements couvrants protègent sans avoir à renouveler quoi que ce soit. Les lunettes protègent aussi le contour des yeux, où la peau est la plus fine.

Ne pas fumer

Le tabac est le deuxième grand facteur du vieillissement extrinsèque. Il réduit l'apport d'oxygène à la peau et accélère la dégradation du collagène. Ses effets s'ajoutent à ceux du soleil.

Soutenir la peau avec des actifs adaptés

Certains actifs cosmétiques, comme les antioxydants appliqués le matin ou les dérivés de la vitamine A appliqués le soir, peuvent compléter la protection solaire. Ils ne la remplacent jamais. Pour savoir lesquels conviennent à votre peau, un avis de professionnel de santé est le plus fiable.

Quelle place pour les autres facteurs ?

Le soleil n'agit pas seul. Le manque de sommeil, le stress chronique, la pollution urbaine et une alimentation pauvre en fruits et légumes jouent aussi sur l'aspect de la peau, notamment sur son éclat et sa capacité à récupérer. Ces facteurs pèsent moins que les UV, mais ils s'additionnent. Les connaître permet d'agir sur plusieurs leviers à la fois.

Questions fréquentes

Faut-il une protection solaire en hiver ?

Oui, sur le visage et les mains. Les UVB sont plus faibles en hiver, mais les UVA restent présents toute l'année et traversent les nuages. En montagne, la neige réfléchit une grande partie des UV : la protection y est indispensable.

Le SPF du fond de teint suffit-il ?

Rarement. Pour atteindre l'indice affiché, il faudrait appliquer une quantité de fond de teint bien supérieure à ce que l'on utilise en pratique. Mieux vaut appliquer une protection solaire dédiée, puis le maquillage par-dessus.

Peut-on effacer le photovieillissement déjà installé ?

Certains signes peuvent s'atténuer, notamment le teint et une partie des taches, si l'on protège sa peau avec régularité. Pour les signes plus marqués, un dermatologue peut vous présenter les options adaptées à votre situation.

Les écrans font-ils vieillir la peau ?

La lumière bleue émise par les écrans est très faible comparée à celle du soleil. À ce jour, les études ne montrent pas d'effet notable des écrans sur le vieillissement de la peau. La lumière du jour, elle, compte bien davantage.

Les peaux mates et foncées sont-elles concernées ?

Oui. Elles sont mieux protégées contre les coups de soleil, mais elles sont plus sujettes aux taches et aux irrégularités de teint liées au soleil et à la lumière visible. La protection quotidienne leur est tout aussi utile.

Sources

  • Hughes MCB, Williams GM, Baker P, Green AC. Sunscreen and prevention of skin aging: a randomized trial. Annals of Internal Medicine, 2013;158(11):781-790.
  • Flament F, Bazin R, Laquieze S, et al. Effect of the sun on visible clinical signs of aging in Caucasian skin. Clinical, Cosmetic and Investigational Dermatology, 2013;6:221-232.
  • Krutmann J, Bouloc A, Sore G, Bernard BA, Passeron T. The skin aging exposome. Journal of Dermatological Science, 2017;85(3):152-161.
  • Morita A. Tobacco smoke causes premature skin aging. Journal of Dermatological Science, 2007;48(3):169-175.
  • Organisation mondiale de la santé. Global Solar UV Index: a practical guide, 2002.

Cet article a une finalité d'information sur le bien-être et la prévention. Il ne fournit aucun diagnostic, traitement ou avis médical et ne remplace pas une consultation. Notre méthode éditoriale.

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